La Chine : porte d’accès à la prospérité
À l’automne 2010, on procédera à Ottawa à l’inauguration d’une magnifique porte d’entrée symbolique à l’angle de la rue Somerset et de l’avenue Bronson. Ce monument est un cadeau que la capitale chinoise offre au Canada pour souligner le 40e anniversaire de la reconnaissance diplomatique de la République populaire de Chine par notre pays. Pour la plupart des gens, cette porte donnera accès au quartier chinois, mais j’y vois une porte d’accès à la prospérité économique et sociale pour les deux pays.
Les personnes qui m’ont accompagné lors d’une récente mission économique en Chine ont été accueillies par un partenariat unique combinant capitalisme industriel et d’État, désireux de faire des affaires avec Ottawa et cherchant activement à réaliser des investissements croisés avec le Canada. Nous avons visité le siège social mondial de Huawei, géant des télécommunications qui a inauguré cette semaine une installation de recherche-développement à la fine pointe du progrès à Kanata. La société Plasco d’Ottawa a signé à Beijing un contrat qui devrait marquer le début d’un projet d’envergure et rentable visant à transformer la grande quantité de déchets que produisent les villes chinoises en énergie propre. Nous avons signé des ententes de promotion touristique mutuelle et de développement économique, de même que nous avons invité des investisseurs, des entreprises de recherche-développement et des groupes environnementaux à venir nous rendre visite. Nous avons constaté que le rythme des affaires, quoique teinté par la coutume, n’est plus ralenti par la suspicion ou le formalisme.
À de nombreux égards, le Canada représente un idéal pour les Chinois : c’est un pays scolarisé, propre et sûr, où règne l’ordre. Ce que nous avons fait pour 32 millions de citoyens, ils aspirent à le faire pour leur 1 300 millions d’habitants. J’ai visité le centre d’urbanisme de Beijing, où j’ai constaté un engagement à reboiser la capitale d’une manière telle qu’aucun citoyen n’habitera à plus de 500 mètres d’un parc. Parallèlement, les Chinois prévoient aménager leur infrastructure de transport de façon à permettre à la ville de connaître une croissance encore plus rapide au cours de la prochaine décennie.
L’aide à l’assainissement de l’environnement en Chine représente à elle seule un marché de plusieurs milliards de dollars, et j’invite les entreprises d’Ottawa à être bien représentées à l’ECO Expo Asia cet automne. L’initiation des travailleurs chinois aux pratiques exemplaires canadiennes pourrait s’avérer rentable pour le Collège Algonquin et La Cité collégiale, alors que la nécessité de former des scientifiques, des ingénieurs et des médecins offre à l’Université Carleton et à l’Université d’Ottawa l’occasion de jouer un rôle important à cet égard. Les entreprises de notre ville peuvent contribuer à faire du tigre chinois un grand citoyen du monde.
Les Canadiens ont peut-être la chance de partager une frontière commune avec la plus grande économie de la planète, mais la seconde économie en importance nous est maintenant tout aussi ouverte. Elle recherche nos ressources minières, mais aussi les ressources de nos esprits inventifs, celles de nos spécialistes du génie, de l’informatique et de l’environnement, et celles de nos cadres. La Chine est un pays qui est passé du 19e au 21e siècle en quelques décennies et qui recherche des partenaires afin de poursuivre sur cette lancée.
Il est facile de voir de la pauvreté et de la répression en Chine, mais tout aussi facile d’y voir des progrès et des résultats. Sur le plan économique, cette puissance a permis au quart de ses citoyens d’accéder à la classe moyenne en tout juste trente ans et cette richesse s’étend des villes côtières aux régions rurales de l’arrière-pays jour après jour. Sur le plan social, le pays s’attaque aux problèmes environnementaux et de santé à un rythme dont nous ne pouvons que rêver. Sur le plan politique, on commence à y parler de transparence et de « rayons de soleil ».
Le Chine est un chantier dynamique, auquel Ottawa a la possibilité de contribuer. Et en devenant sa porte d’entrée sur les marchés nord-américains de la technologie, lucratifs mais difficiles à saisir, nous pourrons profiter du plus vaste chantier que le monde ait connu.